Ces quelques fiches, combinées avec des notions de vocabulaire, sont faites pour aider les entendants débutants en LSF à se convaincre que la LSF n'est PAS une transcription du français.
Elle ses propres habitudes, coutumes, histoires, accents, argots, gros mots. Elle s'organise autour d'une vision de l'espace beaucoup plus riche que les autres langues (nous y reviendrons).
Bref c'est une culture à part entière.
Et le meilleur moyen de l'appréhender c'est d'aller fréquenter des sourds, en immersion dans LEUR langue. Vous verrez, passé un petit moment à vaincre ses inhibitions, notamment en gestuelle, c'est assez facile, et les sourds sont sympas.
Des "cafés-signes" existent dans de nombreuses villes. Ce sont des bars, le plus souvent, ou se rencontrent périodiquement sourds et entendants on y passe d'excellentes soirées autour d'une bière, et on signe !
Rédigé à 16:00 | Lien permanent | Commentaires (8)
Nous avons vu deux manières de situer la phrase dans le temps :
-->la ligne de temps
-->le complément de temps en début de phrase
La troisième manière consiste a signer une "précision temporelle" apres le verbe.
3 signes les plus usités :
pour marquer le futur immédiat :--> je vais bientot manger
pour marquer une action qui vient de se terminer --> je viens de manger
pour marquer une action terminée --> j'ai fini de manger
(j'a eu beau chercher dans les sites de vocabulaire, je n'ai pas trouvé de vidéo claire la dessus, désolé)
en résumé, à ce stade : vous pouvez touta fait signer des notions telles que :
je mange
je mangeais
je mangerai
j'ai mangé
je vais manger
...
on a progressé mine de rien non ?
Rédigé à 10:57 | Lien permanent | Commentaires (0)
dans le même esprit, le "nous" se fera en désignant le groupe des "nous", à son interlocuteur, par un cercle qui parcours le groupe des nous , en s'y incluant.
La trajectoire précise de l'index dépend de ce que le signeur inclue dans le nous, donc dépend fortement du contexte . -----> nous
le "vous" (pas celui du vouvoiement, mais le pluriel qui désigne un groupe) sera exécuté par la désignation avec l'index du groupe (cercle) ou du détail (un par un) des membres du groupe des "vous" dont le signeur ne fait pas partie. tout dépend du contexte spatial
enfin le "ils", sur le même principe que "il", désignera de l'index le groupe concerné, mais le regard du signeur restera dirigé vers son interlocuteur.
Rédigé à 10:01 | Lien permanent | Commentaires (0)
Comment conjugue t on un verbe en LSF ?
Là , il n'y a pas vraiment de parallèle évident avec le français.
Tout est dans une coordination regard-index !
pour "JE" c'est simple : par défaut (le verbe seul) c'est par convention le signeur qui s'exprime.
S'il signe : penser ça veut dire "je pense" .
S'il signe toi + penser ça veut dire : "tu penses".
Jusque là ça va, attention ça se complique :
S'il signe il + penser ça veut dire : "il pense".
Arrêtons nous un instant sur ce "il". En fait c'est le même geste que "tu" . Seule différence, le signeur ne regarde pas dans la direction de l'index, il regarde son interlocuteur. L'index désigne donc une troisième personne, c'est à dire "il".
Rédigé à 16:38 | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est un bien grand mot pour une notion simple.
Nous avons vu que la négation d'un verbe se fait en ajoutant le signe "ne pas" après ce dernier.
Cependant, certains verbes d'usage courant possèdent un signe spécifique pour exprimer leur négation.
Par exemple savoir et ne pas savoir n'ont aucun rapport.
La liste des verbes à négation spéciale fluctue ; il y en a plusieurs dizaines, et leur usage s'intègre avec la pratique .
Finalement, dans l'esprit, c'est un peu comme les verbes irréguliers en anglais.
Les plus courants :
aimer, avoir, avoir besoin,connaitre, croire, pouvoir, savoir, vouloir etc ....
Rédigé à 11:10 | Lien permanent | Commentaires (9)
En français, une action négative est codée le plus souvent en y adjoignant "ne .. pas".
Je mange le chocolat. ---> Je ne mange pas le chocolat.
En LSF on rajoute le signe "ne pas" après la phrase.
chocolat + mange ----> chocolat + mange + ne pas
... avec l'avantage LSF de la mimique qui va "orienter" le sens neutre de la phrase :
"dégout" signifiera la cause (je n'aime pas le chocolat)
"regret" signifiera ... le regret :)))
etc ....
certains utilisent aussi le signe non dans ce contexte
... par contre, les verbes les plus courants ont une forme négative particulière... (leçon suivante !)
Rédigé à 14:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
En français, une question possède une forme grammaticale distincte :
Tu as mangé. (affirmation)
Est-ce que tu as mangé ? (interrogation)
Mais le langage courant utilise fréquemment " Tu as mangé ?"
dans ce dernier cas, l'écriture ne distingue les deux formes QUE par le point d'interrogation.
Pire : verbalement, la distinction ne se fait QUE par l'intonation.
En LSF on retrouve ces deux notions.
le SIGNE point d'interrogation peut très bien être mis à la fin d'une phrase (mais, pour les puristes, au début) signifiant que la phrase est interrogative. Ceci suffit à lever toute ambiguité.
Néanmoins, dans le signage courant, les sourds préfèreront une simple mimique interrogative, comme n'importe qui peut émettre (plissement des yeux + coup de menton).
Les deux codages pouvant se cumuler.
Rédigé à 15:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
Ici il ne sera (sauf cas particulier) pas donné de VOCABULAIRE.
En effet les "dictionnaires" vidéos de LSF sont nombreux sur le net.
Je vous recommande néanmoins cette adresse, moteur de recherche qui vous indique dans quels sites de dictionnaire LSF est présent le mot que vous recherchez :
Rédigé à 13:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
Apres le temps, vient le lieu. En effet, la LSF est une langue visuelle et il est important de positionner au plus vite la scène à laquelle la phrase s'applique.
en français" le chat grimpe dans un arbre" oblige l'interlocuteur a attendre le dernier mot pour visualiser la scène.
En LSF il faudra D'ABORD parler d'un arbre, puis du chat qui grimpe dedans.
Si l'on combine avec la leçon d'hier, "je suis allé au cinéma, hier" deviendra :
"hier + cinema + aller" (aller au présent, sans JE car par convention, c'est le signeur qui parle par défaut)
Rédigé à 10:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'ordre des mots dans la phrase est différent du français.
En premier lieu on va (si nécessaire) parler du temps.
On a vu que le l'action pouvait se signer sur une "ligne de temps" virtuelle, par rapport au signeur. Ceci n'est utilisé QUE s'il y a nécessité de préciser le temps de l'action (passé, présent, à venir) .
En effet, deux autres moyens sont a notre disposition.
1) des signes spéciaux, a signer après le verbe, qui précisent son temps - nous y reviendrons-
2) la présence du complément de temps en début de phrase, qui est l'objet de cet article.
en français c'est pareil, on précise souvent la situation temporelle en début de phrase :
AUTREFOIS, on respectait les vieux
AUJOURD'HUI je ne travaille pas
L'ANNEE DERNIERE, je suis allé en Corse
DEMAIN, je déjeunerai avec Alain
DANS UN MOIS, j'ai rendez vous à l'hopital.
DANS UN SIECLE l'homme ira sur Mars
en LSF, chaque fois que c'est possible, on utilise cette structure, mais la conséquence, pour le verbe qui suit dans la phrase, est toujours de le mettre au présent.
Les actions "respecter", "déjeuner", avoir rendez vous" , "aller" seront signées au présent (c'est à dire, sans signe de conjuguaison, ni position particulière sur la ligne de temps) du fait que l'ambiguité est levée par le complément de temps.
(ce n'est pas si étrange : notons que c'était le cas en français pour la phrase DANS UN MOIS, j'ai rendez vous à l'hopital. )
Rédigé à 14:12 | Lien permanent | Commentaires (0)
De nombreux verbes peuvent décrire des actions "directionnelles", c'est à dire allant de l'émetteur au récepteur.
téléphoner ; dire ; inviter ; accueillir ; rejoindre ; donner ; appeler etc ....
dans ce cas, le signe correspondant doit "aller" de l'émetteur au récepteur.
Exemple avec le signe évident "téléphone".
S'il est juste signé de manière neutre, il désigne l'objet, un point c'est tout.
Si le geste part de mon oreille et se dirige vers mon interlocuteur, il signifiera "je te téléphone"
Si le même geste (fait par moi) part de mon interlocuteur pour se diriger vers moi, il signifiera "tu me téléphones".
On voit ici que le signe n'est pas tout, son contexte est primordial.
voir ici la différence entre téléphoner et téléphone
Rédigé à 12:18 | Lien permanent | Commentaires (0)
il n’existe pas beaucoup de conjugaison en LSF : la plupart du temps, il suffit au signeur de situer l’action sur la ligne du temps (perpendiculaire à lui : derrière son épaule le passé, au niveau de son corps le présent et devant lui le futur).
le même signe donnera une action dans le passé (derrière lui ou a cote de sa tete) , dans le présent (postion des mains normales) ou dans le futur (mais exagérément en avant)
je mange, je mangeais, je mangerai.
Rédigé à 23:54 | Lien permanent | Commentaires (0)
Un signe est un ensemble complexe ; ce n'est jamais une simple configuration statique de la main, sans autre information, tel qu'une statue pourrait émettre.
on distingue plusieurs parametres, dont bien sur la "configuration " (la position des doigts) mais aussi, entre autres, l'emplacement, l'orientation, le mouvement, ... , et -très important- la mimique.
en effet l'expression du visage est fondamentale. Elle est dure à acquérir car, en tant qu'entendant, nous sommes habitués a émettre peu de choses par ce vecteur. C'est pourquoi le spectacle d'un signeur nous déroute par les mimiques incessantes dont il accompagne ses signes. Inversement, une formation théatrale, ou un gout pour le theatre ou le mime, est un énorme "plus" pour apprendre la LSF.
D'autres parametres, tels que la vitesse, la répétition, la posture du corps, le rythme entre les signes, jouent un peu le rôle que tiennent la ponctuation et l'intonation dans une phrase en français.
Rédigé à 16:01 | Lien permanent | Commentaires (12)
on peut discerner grossièrement 3 types de signes au sein du vocabulaire de la LSF :
--> les signes iconiques : nous venons d'en voir quelques uns (maison, boire..) souvent dérivés du mime, ils évoquent la plupart du temps un objet ou une action concrète
-->les signes reliés au français écrit : bien souvent un signe pourra incorporer une configuration de la main rappelant l'initiale du mot français (vacances, vert, vrai .. utilisent le V) seul le reste du signe (position mouvement...) diffère
-->les signes symboliques ou arbitraires : opposés aux signes iconiques, ils n'évoquent PAS la notion signifiée. Souvent utilisés pour des mots abstraits (bientot, interessant, difficile..).
des "mix" existent (des signes dérivés du mime, mais tellement symbolisés qu'il devient difficile d'en déceler l'origine)
d'autres types existent (les classificateurs, les signes de temps, les noms-signes) mais ce sont des cas particuliers.
dans un premier temps, un formateur en LSF privilégiera les mots iconiques, plus immédiats de comprehension...
Rédigé à 17:18 | Lien permanent | Commentaires (0)
quelques signes évidents sont déjà utilisés par les entendants :
au revoir ----> au revoir
téléphone ---> téléphone
boire ---> boire
maison ---> maison
notons dores et déjà que E.T. peut se débrouiller en LSF : téléphone maison (en fait on doit intervertir les signes mais on parlera plus tard de la syntaxe :) )
connaissez vous d'autres signes évidents ?
Rédigé à 12:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'alphabet est bien sûr à connaître, comme dans n'importe quelle langue. Mais il faut bien avoir conscience qu'il ne sert quasiment jamais en LSF... pas plus qu'il ne sert dans une conversation en français !
On n'épelle, en français, un mot, qu'exceptionnellement. En LSF c'est pareil. On n'épelle que si le mot n'a pas de signe (un nom propre peu usité, par exemple) ou, pour des signeurs débutants, un mot qu'ils ne connaissent pas en LSF, et qu'ils n'arrivent pas à mimer.
Rédigé à 17:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
Bienvenue dans l’enquête BSSM,
Ce baromètre est une étude traitant de sujets de santé comme la qualité de vie, la santé au travail, la nutrition, la consommation de tabac, etc.
Jusqu’ici, cette enquête était réalisée par téléphone.
Pour la 1ère fois, L’INPES a adapté la méthode pour interroger les personnes sourdes, malentendantes ou ayant des problèmes d’audition (acouphènes, hyperacousie,…) sur leurs perceptions et leurs comportements liés à la santé.
Vous êtes sourd, malentendant ou vous avez des problèmes d’audition ? Vous seuls pouvez nous aider à recueillir des données sur la santé.
L’objectif est de mener des actions concrètes afin d’améliorer la santé. Les résultats de cette étude ne seront utilisés qu’à des fins scientifiques.
Cette enquête est totalement anonyme. Les données seront traitées de manière confidentielle conformément aux dispositions de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL). Dans ce cadre, nous n’enregistrons pas les adresses IP des ordinateurs.
Des sujets personnels sur votre santé vont être abordés tout au long du questionnaire. Certaines vous concerneront plus que d’autres. Nous souhaitons que vous puissiez y répondre le plus librement possible, sans être gêné ou influencé par votre entourage.
Mais si vous ne pouvez pas répondre seul à ce questionnaire, vous pouvez vous faire aider par une personne avec qui vous êtes à l’aise.
L’ensemble du questionnaire est disponible en langue des signes.
Merci d’avance pour votre participation !
BSSM
Rédigé à 14:03 | Lien permanent | Commentaires (2)
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