J'ai grandi avec ton image.
Ta tête ébouriffée, ton air désabusé, détaché, ta dégaine inimitable et surtout tes chansons si anodines et si puissantes qu'elles ont ébranlé le monde.
Si fortes qu'elles l'ont presque fait basculer du côté de l'amour.
Presque.
Mais le monde a tourné, impitoyable dans son oeuvre digestive des bonnes intentions.
J'aurai dû comprendre, quand tu es allé chanter devant le pape, que tu n'étais plus que l'avatar de ton idée, l'ombre de tes convictions, la caricature déformée de tes idéaux.
Dans ta dégringolade, j'apprends aujourd'hui que tu passeras aux vieilles charrues devant un public réac et sclérosé qui a remplacé l'amour par la bière.
Peux être as tu besoin d'argent ? Cet argent que tu as si vivement combattu. Ce besoin que tu as si vivement combattu. Non je ne peux le croire.
Bref, j'arrête, aujourd'hui, de suivre ta chute. Ca me fait trop mal. Je préfère garder, dans quelques sillons de vinyls, voire octets de MP3, le souvenir étincelant, enthousiasmant, magique, de l'espoir gigantesque que tu as soulevé pour toute une génération.